Jusqu’où être anonyme dans une société qui promeut la visibilité : l’affaire Tarnac

Tarnac: intérêts policiers, obsessions politiques, le récit d’un scandale

Dans cet article entretien, retour sur l’affaire de tarnac avec le jouranliste de mediapart David Dufresne auteur de Tarnac, Magasin général

Voici ce qui est écrit à propos du fichage des personnes et de la volonté absolue d’anonymat. En espérant respecter la règle des 10% de citation

Ces jeunes gens, qui se méfiaient des portables jusqu’à emprunter ceux des passants, payaient en liquide, qui étaient si soucieux de leur anonymat, se sont retrouvés surveillés, 24 heures sur 24 par les policiers de la DCRI et de la SDAT…

On devient suspect aujourd’hui parce qu’on n’utilise pas ce que la norme incite à utiliser, à savoir un portable. Comme le formule joliment Hélyette Besse, ancienne militante d’Action directe, c’était bien la peine de ne pas avoir de portables pour se retrouver avec des caméras dans les arbres.

Une des frayeurs de l’Etat est que des gens s’extraient de pratiques qui semblent normales mais qui sont aussi un redoutable outil de flicage. Toute cette affaire de Tarnac montre que ce petit groupe avait effectivement raison de se méfier du portable. C’est le parfait mouchard grâce auquel on peut vous géolocaliser, vous écouter, connaître vos contacts, vos rendez-vous, etc. Lors de nos rendez-vous, les flics de la DCRI eux-mêmes avaient pour premier réflexe de vérifier que j’avais bien éteint mon portable.

Selon l’écrivain Mehdi Belhaj Kacem, qui vit à Brive-la-Gaillarde et que j’ai rencontré pour ce livre, l’Etat a voulu exproprier les gens de Tarnac de leur vœu d’anonymat et de clandestinité. Ce qui est très juste. Dans cette société où nous sommes tous sommés de nous ficher, de nous facebooker, de nous twitteriser, apparaît comme menace ultime le fait de refuser ces pratiques. Et cela devient un enjeu policier, on se retrouve avec une balise sous sa voiture…