Lecture de veille 3, réseaux sociaux et entreprises
Je viens de lire cet article sur l’entreprise devient-elle un réseau social ? L’auteur, à juste titre indique deux choses à retenir, les réseaux sociaux sont déjà dans l’entreprise avec les salariés et la mutation est d’abord sociale avant d’être technologique.
Par contre, je crois que voir une entreprise, quel qu’elle soit comme un monolithe uniquement commandé par le principe hiérarchique est une grosse erreur. Une structure est appelé ainsi parce qu’il y a un principe structurant qui est classificatoire et in fine hiérarchique, mais le contenu de cette structure est un fait humain basé sur les interactions interpersonnelles.
Doit-on alors séparer le principe d’interaction de celui de réseau social. L’un étant consacré à la chair de la structure et que l’on peut symboliser par la machine à café et l’autre plutôt centré capital social et donc, comme le dit l’auteur, tourné vers l’influence. Est-ce qu’on ne confond pas finalement la fluidité des communications et alors ce qu’on vise dans les réseaux socio-numérique c’est la facilité avec la mise en scène de soi d’une part et donc celui qui a la plus grosse et d’autre part la visibilité des interactions, c’est à dire le niveau meta de la communication.
voici les trois défis défini par l’auteur, que je partage en partie :
passer de la logique de l’organigramme à celle du sociogramme car dans les réseaux ce ne sont pas les relations hiérarchiques qui priment ; réinternaliser les échanges et les informations et donc redéfinir les frontières, sachant que les collaborateurs passent 20% de leur temps sur les réseaux externes et surtout faire participer les salariés à ce réseau là en particulier – ce qui n’est jamais acquis et impossible à imposer.
Point 1. De tout temps, et je crois que beaucoup de personne en sont conscient, l’organigramme a toujours moins primé que le cadre mis en place par la hiérarchie pour permettre l’expression personnelle des compétences pour le bien de la structure. Aux deux extrêmes de cette volonté : le patron tout puissant omnipotent etc. et la bureaucratie ou plus personne n’est responsable de rien.
Point 2. La redéfinition des frontières est un sacré enjeu en considérant bien que les frontières ont toujours été plus des filtres que des barrières et qu’il faut conserver cette logique dans un nouvel environnement qui lui privilégie la visibilité. Car sinon, cela va à l’encontre de la mais qui va peut être à l’encontre de la logique d’un réseau social qui par définition est unique et mondiale, et constitué de l’ensemble de l’humanité d’une part et le réseau égo-centré qui lui a une frontière en motte de beurre (par analogie avec les cassures en motte de beurre chez les enfants), c’est à dire que le réseau chacun se dilue dans les relations de relations et la capacité de chacun à faire jouer ses relations pour joindre ces relations de relations.
Un exemple de fonctionnement égocentré en dehors de la frontière de l’entreprise, qui ne s’est pas servi de ses relations personnelles dans un projet professionnel et qui n’a jamais communiqué avec son conjoint sur une situation de travail ?
Cette question des frontières, c’est surtout celle de la visibilité des actions, de leur publicité d’une part qui fait que désormais, on est au dessus du radar, et pour reprendre l’adage, “nous ne vivons plus heureux, car nous ne sommes plus cachés”. L’autre problème, c’est l’utilisation de plateformes dont les visées sont essentiellement commerciales et qui ont besoin d’informations panoptiques avec des structures qui elles doivent restées fermées car sinon, ce ne sont plus des structures. Ce qui est en cause, c’est la forme même de l’entreprise, qui est basée sur l’enclosure. Sans frontière, où est l’entreprise coincé entre le panoptique du réseau social mondial et les réseaux égo-centrés ? Bernard Rieder parle d’écume, est-ce que ce n’est pas cela qu’il faut viser ?
Point 3. Enfin la dernière interrogation, majeure ! Comment transférer les compétences de communication acquise dans les échanges sur facebook vers le réseau social de l’entreprise ? où on se rend compte, que le changement de contexte influera forcément sur l’usage de ces outils ? Si je me souviens de ce que disait Bernard Rey, le transfert de compétences n’est pas prouvé et dans tous les cas, il ne se fait qu’au niveau macro généraliste (utiliser un réseau social) ou au niveau micromicro des fonctionnalités (envoyer un mail). Mais que ce qui compte c’est de spécifier à chaque fois en quoi ce qui vient de ce contexte peut être utiliser dans ce contexte.
Et derrière cette question, il y a aussi celle des intranet mis à grand frais et qui ne répondent pas aux besoins des entreprises qui sont avant tout des besoins de communication et non de stockage de données.
Bien sur toutes ces questions renvoient à ce qu’on appelle le knowledge management dont est quasiment sûr aujourd’hui qu’il n’existe pas ou peu et que dans tous les cas, il est obligatoirement contextualisé.