Flow my tears, the policeman said

- est-ce que vous avez déjà fait ça au téléphone ?

Ses yeux brillaient, elle vibrait de la tête aux pieds.

- Fait quoi ?

- Le réseau. Vous avez déjà utilisé le réseau téléphonique ?

- Non.

Cependant il en avait entendu parler.

- Vos penchants sexuels - ceux de chacun - sont électroniquement reliés, et aussi amplifiés jusqu’à la limite du supportable. Il y a accoutumance en raison de ce renforcement électronique. Certains personnes sont tellement intoxiquées qu’elles ne peuvent plus s’en sortir. Toute leur existence a pour pôle ce contact téléphonique hebdomadaire. Que dis-je ? quotidien ! On se sert de vidéophones courants. Il suffit d’une carte de crédit de sorte que la séance ne coûte rien. On reçoit la facture tous les mois et si on ne paye pas, on vous coupe la ligne.

- Il y a beaucoup de gens qui s’adonnent à cet exercice ?

- Des milliers !

- En même temps ?

Alys acquiesça.

- La plupart pratique le réseau depuis deux ou trois ans et cela les détruit physiquement et intellectuellement. Pour la bonne et simple raison que la partie du cerveau où l’orgasme se produit se détériore progressivement. Mais gardez-vous de mépriser ces gens. Quelques uns des esprits les plus fins et les plus sensibles de la terre sont dans le coup. Pour eux c’est une sorte de sainte communion. Toutefois, les usagers du réseau se remarquent tout de suite. Ils ont l’air de débauchés. Ils sont vieux, gros et apathiques… Enfin, apathiques uniquement dans l’intervalle de leur orgies téléphoniques bien entendu