Qu’est-ce qu’une communauté d’apprentissage ?

Je m’appuie sur l’article de thot cursus sur les éléments constitutifs d’une communauté d’apprentissage pour élaborer ma propre vision d’une communauté d’apprentissage liée à mon expérience de l’accompagnement des groupes de travail d’élèves ainsi que des groupes en ligne. Je pars de la définition d’une communauté d’apprentissage par Garrison et je reprends son schéma explicité égalemetn par l’article de thot.

une communauté d’apprentissage est “un groupe d’individus qui sont engagés de manière collaborative dans un échange et une réflexion déterminés et critiques, pour construire le sens et confirmer la compréhension mututelle

Pour qu’il y ait communauté, il faut qu’il y ait un regroupement conscient dindividu dans un but poursuivi, ici un dispositif d’apprentissage commun et du contenu commun en fonction d’un existant individuel et à la poursuite d’acquisition de connaissances individuelles.

Quand on parle de collaboratif, on le différencie généralement avec le coopératif. Ce dernier correspond à l’enchaînement séquentiel d’actions dans lesquels chacun intervient en fonction de son expertise.

Le collaboratif lui correspond à une communication tous vers tous dans le groupe. Chacun intervient en fonction de ses compétences mais tout le monde est appelé à intervenir et à apprendre des actions des autres pour au final arriver à des individus qui maîtrise l’ensemble des tâches proposées, en foncion de leurs spécificités propres.

Dans un échange, il n’y a pas de processus d’apprentissage sans interactions entre les membres. L’interaction se mesure en quantité et il s’agit alors plutôt de considérer le processus de grooming et en qualité. Pour qu’il y ait qualité, il faut qu’il y ait débat d’une part, c’est à dire conversation et conflit dans une écoute mutuelle et dans l’empathie, et processus d’enrichissement itératif. SI on veut viser un processus exponentiel qui commencerait par de brefs messages peu riches pour s’enrichir au fur et à mesure des échanges et des apports d’informations, il faut donc viser un gros volume d’interaction. Quantité et qualité sont inséparable.

Le sens c’est au final ce que l’on vise, c’st à dore la compréhension de ce que l’on fait là d’une part et la compréhension de ce que l’on apprend. La construction du sens peut être collective mais au final c’est dans l’individu qu’elle s’inscrit, comme l’apprentissage.

Pour cela trois dimensions selon Garrison

Côté teaching.

Les enseignants doivent mettre en place le dispositif d’apprentissage, c’est à dire choisir les contenus d’enseignement et le scénario dans un contexte d’apprentissage et les tuteurs sont chargé de relier les étudiants aux savoirs, de relier les étudiants entre eux, de relier les étudiants au contexte et à l’extérieur de ce contexte…  dans le cadre du dispositif choisi.

Côté social.

Il faut donc mettre en place un dispositif qui facilite au maximum les échanges ce qui signifie passer outre la barrière technique des outils, passer outre la barrière de la découverte de l’autre, passer outre la découverte du dispositif en lui même, passer outre les peurs de chacun et les qualités de chacun à communiquer dans le dispositif choisi.

Il faut mettre en place toutes les conditions pour l’interactivité ce qui suppose réflechir à la présence en même temps des étudiants, professeurs et tuteurs dans le contexte. Si une salle de classe ne pose pas de problème, un dispositif à distance demandent à se synchroniser sur le temps de la présence de chacun en synchrone et en asynchrone.

Cela demande également de discuter sur les règles. Un des problèmes les plus aigü des communautés virtuelles d’apprentissage (mais aussi en réel), c’est les luckers et les tire-aux flancs. On va alors juger de l’engagement des gens sur la durée de la formation et non sur le ponctuel. Surtout en virtuel ou l’autre vie (celle où on est pas en communauté) est très prégnante notamment parce que elle a lieu souvent sur le même temps que celui de la communauté.

Enfin il convient de favoriser le développement de la confiance à la fois dans la connaissance de chacun du dispositif crée et du sens des apprentissage et aussi dans la connaissance de l’autre qui ne se développe que dans l’action d’apprentissage. La confiance, c’est alors la connaissance de ce que l’autre, individu identifié est capable de faire.

Côté cognitif.

Il s’agit alors de considérer le processus d’apprentissage en lui même à partir d’un scénario proposé et en générale de ce que l’on va appeler une situation problème, il va falloir d’abord faire émerger collectivement le sens de la question posée, en découvrir  l’alternative.

Ensuite, il faut s’atteler à l’enrichissement par un apport d’informations extérieures qui peut prendre la forme d’une recherche documentaire ou de l’entretien avec un expert extérieur au groupe.

Il faut ensuite en faire une synthèse à inscrire dans une forme documentaire en cohérence avec le sujet traité et en cohérence avec le dispositif mis en place.

Last and least, l’évaluation du travail fourni qui est alors une évaluation par l’enseignant, mais aussi une autoévaluation du groupe et de chacun sur chacun et enfin troisième niveau d’évaluation, la metacognition qui prend la double forme d’un questionnement sur qu’est-ce que j’ai fait, qu’est-ce que le groupe a fait ? et qu’est-ce que j’ai appris et comment j’ai fait ?

  1. jadlat a publié ce billet